C’est après une nuit fraiche et venteuse qu’il nous faut une heure pour
sortir du cirque d’Ulldeter, en passant par le parking des pistes. Du
« col », la vue est splendide. Le Canigou se dresse devant nous, au
loin. C’est l’objectif de la journée. Nous sommes l’un comme l’autre décidé à y
dormir ce soir. Pas au refuge de Mariailles ni à celui des Cortalets mais bien
au sommet !
On s’autorise un court détour pour aller se réfugier dans un petit abri de
pierres, se protégeant ainsi du vent afin de savourer notre petit déjeuner. Les
lumières matinales sont splendides.
15h30. C’est après 2 heures et demi de pause que nous engageons l’ascension
du Can’. Elle sera sans histoires, avalée en moins de 3h. On a définitivement
progressé depuis notre départ d’Hendaye, et ça fait plaisir à voir. Antoine
passe brillement la cheminée finale qui nécessite tout de même l’usage des
mains et nous voilà au sommet.
La baffe. Ou plutôt le tir balistique intersidéral : la vue, dans ces
lumières couchantes, est exceptionnelle. Certainement le plus beau point de
vue, la plus belle ambiance, qu’on aura eue de toute la traversée. Les lumières
rasantes du coucher de soleil donnent au panorama quelque chose de magique,
sans parler de la mer !
On s’amusera à prendre des photos, à délirer… Mais aussi à tenter de
déterminer les deux meilleures places pour dormir. Heureusement qu’on n’a pas
la tente, il eut été difficile de la planter !
On dîne à moitié dans nos duvets et on observe, ébahi, le coucher de soleil. La nuit sera dure, la très forte humidité ambiante couplée au froid nous empêchera presque de fermer l’œil. Mais peu importe, parce qu’à chaque fois qu’on se réveille, on peut profiter de toutes ces villes illuminées qui dessinent parfaitement la côte…
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